LA COMMUNE DE BANIKOARA

1.1 Localisation et organisation administrative
D’une superficie de 4 383 km2, la commune de Banikoara est située dans le département de l’Alibori en République du Bénin entre 10°50 et 11°45 Latitude Nord et entre 2° et 2°55 longitude (Carte 1). Elle est limitée :

  • Au nord par la commune de Karimama
  • Au sud par les communes de Gogounou et de Kérou (département de l’Atacora) ;
  • A l’est par la commune de Kandi ;
  • A l’ouest par le Burkina Faso.
Elle compte cent douze (112) villages administratifs répartis dans dix (10) arrondissements que sont : Banikoara, Founougo, Gomparou, Goumori, Kokiborou, Kokey, Sompérékou, Soroko, Toura et Ounet (carte 1).

Carte 1 : Commune de Banikoara : situation géographique et administrative
Source : Fonds topographique, IGN –Bénin / RGPH2-3-4

1.2 Brève historique et peuplement
L’histoire du peuplement de Banikoara remonte au 18è siècle. Venus de Boussa au Nigéria, les Bariba « WASSANGARI » ont fondé le royaume de Nikki entre le 14è et le 15è siècle. Il s’étend sur tout le département du Borgou ancien et comprend la partie orientale de l’Atacora (Ouassa, Kérou, Kouandé). En 1764, un grand chasseur d’éléphant du nom de Bani Gansé découvrit l’actuel territoire de Banikoara, descendant des « Naro ». Les caravaniers Sonraï ou Songhaï en route pour la « Gold Coast », actuelle République du Ghana, furent du hameau que Bani Gansé créa un lieu de transit qu’ils dénomment Banikoara ou village de Bani en leur langue.

Différents groupes socioculturels se sont installés au cours des âges sur l’aire géographique qui constitue aujourd’hui la commune de Banikoara. Parmi les plus anciennement implantées et les plus numériquement importantes, il y a les Baatombu, les Gulmanceba, les Peulhs. Les sites métallurgiques de Toroma (Founougo), de Wune (i.e. Ounet), de Gbasa, de Mààru (i.e ; Banikoara centre), de Gando (Founougo) (cf. carte) et le site archéo-métallurgique Siékuhun portent des indices des activités de l’homme à des périodes reculées.

Les sites sanctuaires à travers l’ensemble de la commune de Banikoara ne sont pas également marginaux et ils occupent une bonne place dans la connaissance du peuplement du territoire et de l’émergence du phénomène urbain. En effet, le site sanctuaire de Banku Goru est présenté être le lieu où a été posée la première pierre de Banikparu Mààru (i.e. Banikoara centre) et celui de Guingui


1.3 Relief et hydrographie
Le relief de la commune de Banikoara est caractérisé par une vaste pénéplaine d’altitude moyenne variant entre 200 et 300 m (Carte2). Elle est relativement peu accidentée, avec par endroits, des affleurements de roches granitiques et de buttes cuirassées. Cette dénivellation faible permet d’une part le déplacement aisé des animaux, surtout pendant la saison sèche où les bovins sont appelés à parcourir de longues distances à la recherche de fourrages et d’eau ; elle facilite l’agriculture attelée d’autre part.

Cette pénéplaine est faiblement parcourue par des cours d’eau. Ainsi, les bras de l’Alibori et du Mékrou ont entaillé dans cette platitude, des dépressions marécageuses et des bas-fonds qui sont exploités intensément par les populations pour la riziculture et les cultures maraîchères.


1.4 Climat

Carte 2 : Géomorphologie de la Commune de Banikoara

Banikoara jouit d’un climat de type soudano sahélien avec une pluviométrie moyenne de 850 mm d’eau par an. On y distingue deux saisons bien tranchées : une saison de pluie de mai à octobre et une saison sèche de novembre à avril (PRODECOM, 2006).

  • La saison sèche comprenant (i) une période chaude de mars à mi-mai avec une température mensuelle moyenne oscillant entre 30 et 34°C et des maximas atteignant 40°C ; (ii) une période fraîche allant d’octobre à février avec des températures mensuelles moyennes autour de 25°C et des minima pouvant atteindre 12°C. C’est la période de l’harmattan.
  • La saison pluvieuse allant de mi-mai à octobre avec une température mensuelle moyenne autour de 26°C.
La zone d’étude est soumise à deux types de vents saisonniers (i) l’alizé maritime qui souffle d’avril à novembre ; et (ii) l’harmattan soufflant de décembre à mars ; ce vent sec augmente le déficit hygrométrique de l’air entre décembre et janvier, accentuant ainsi les conditions d’aridité de la zone en saison sèche.

Les conditions climatiques qu’offre la commune de Banikoara sont favorables à la production du coton, du maïs et du sorgho notamment ; l’élevage y trouve également de meilleures conditions.

Toutefois, les aléas climatiques constituent de véritables contraintes à lever en faveur des activités agricoles et pastorales.



1.5 Les sols
On rencontre plusieurs types de sols dans la commune de Banikoara :

  • Les sols argilo-sableux qui résultent de l’altération des roches granitiques. Ce sont des sols assez légers, parsemés de blocs de granites. Ils restent dominants dans les villages d’Arbonga, Goumori, Founougo. Ces sols se prêtent à l’agriculture (riz, coton, arachide, sorgho) et aux activités pastorales (PDCIII) ;
  • Les sols gravillonnés, moins riches, se rencontrant surtout sur les pentes. Leur valeur agronomique est assez faible. Toutefois, ils sont exploités pour la culture du sorgho, des arachides et du niébé ;
  • Les sols argileux, très répandus se rencontrent le long des cours d’eau où ils se prêtent à la culture du riz, manioc, patate douce, à la culture maraîchère. On les rencontre surtout dans les villages de Soroko, Banikoara-centre, Gomparou et Sompérékou ;
  • Les sols argilo-gravillonnés, également exploités pour la culture du sorgho, des arachides et du niébé. Ils sont rencontrés surtout dans les villages de Toura et Ounet. Dans leur ensemble, ces sols sont assez dégradés du fait de la pression foncière et des systèmes d’exploitation extensifs, sans amendement conséquent des terres (Carte 3).
Banikoara dispose pour l’agriculture de près de 2 148 km2 de terres cultivables soit les 48,15 % de la superficie totale (SDAC 2019). Les sols de la commune sont à dominance ferrugineux tropicaux à concrétions. Ils sont favorables à la culture si leur profondeur n’est pas un facteur limitant. Seul le coton, principale culture de rente bénéficie des efforts officiels à travers une politique d’apport d’intrants (engrais chimiques et surtout insecticides). Mais on accorde très peu d’attention et de ressources à l’agriculture vivrière.

Carte 3 :Pédologie de la Commune de Banikoara



1.6 Flore et faune
La végétation est caractérisée par des formations naturelles de types savane arbustive et arborée à dominance d’espèces utilitaires telles que le néré, le karité, le résinier et le tamarinier puis moyennement le baobab. Les espèces qui se raréfient sont le ficus, Khaya senegalensis (cailcédrat), Senna Siamea (acacia), Pterocarpus erinaceus (venne), Borassus aethiopium (rônier), Piliostigma sp et le Bombax costatum. On rencontre également Anogeissus leiocarpa (« Kagara » en bariba). Au niveau des formations naturelles, il existe de petites réserves forestières dans les arrondissements de Founougo et Goumori où elles atteignent 10ha. Dans les arrondissements de Toura, Kokiborou, Soroko, Bonhanrou, quelques vergers de manguiers et surtout d’anacardiers sont disséminés à travers les villages, surtout le long des cours d’eau. On note également quelques bosquets d’eucalyptus, de neems dans certains villages. Ces plantations sont réalisées sur de petites superficies de moins de 5 ha. Le tapis herbacé est essentiellement fait de Penicetum pedicelatum, et forment des touffes discontinues. La végétation de la commune de Banikoara reste peu abondante et est fortement entamée par les activités agropastorales.

L’état des ressources végétales dans la Zone Tampon et dans la zone périphérique des aires protégées est presque identique dans les communes du département de l’Alibori (PIC-GEN). De fortes pressions sont exercées sur les espèces végétales en général et particulièrement sur les espèces de bois d’œuvre (Pterocarpus erinaceus, Afzelia africana). Ces deux essences à croissance très lente sont menacées de disparition à court terme. Les espèces de bois de chauffe et de charbon comme le Prosopis africana subissent la même pression mais le risque de disparition est réduit. Les espèces comestibles et ayant un intérêt économique (karité, néré, baobab), ont tendance à être relativement préservées. En revanche, l’agriculture, du fait de sa forte extension, exerce également une pression importante sur les espèces végétales. En lien avec l’agriculture ou la chasse, les feux de brousse sont aussi un facteur important de dégradation de la flore malgré la préconisation des feux de brousse précoces.

En ce qui concerne les ressources fauniques, elles sont majoritairement dans le parc w. Ce dernier est riche d’environ 360 espèces d’oiseaux, 150 espèces de reptiles et d’amphibiens et d’une centaine d’espèces de poissons. Toutefois, certains petits animaux tels que les varans, les francolins, les reptiles (cobra, mamba, vipère etc.), les écureuils, les rats sont encore présents. La chance de rencontrer les animaux augmente au fur et à mesure que l’on avance de la zone périphérique vers l’intérieur de l’aire protégée en passant par la zone tampon. Il faut noter la disparition de quelques mammifères et autres espèces


1.7 Caractéristiques démographiques
Selon les résultats du RGHP4 organisé par l’INSAE en 2013, la commune de Banikoara compte 246 575 habitants (RGPH4) avec 122 445 hommes et 124 130 femmes avec près 90% de jeunes et adolescents. La taille moyenne des ménages est 9 contre 10 pour les arrondissements de Founougo, Gomparou et Kokiborou. Il faut noter que l’effectif de la population est estimé à 377 458 habitants en 2021 selon la Direction de la Prospective et de la Programmation (DPP) du Ministère de la Santé.

Les groupes ethniques les plus importants de la commune de Banikoara selon les résultats du RGPH4 sont les Baatombu et apparentés (67,1%) et les Fulbé (24,2%), les ethnies étrangères (2,8%), viennent ensuite les Dendi (1,8%), Otamari et apparentés (1,0%), Yoruba (0,8%), Fon (0,8%) représentant les groupes minoritaires de la commune. Ces derniers cohabitent de façon pacifique avec des mariages interethniques. Les religions pratiquées sont l’islam (65,4%), religion catholique (13,6%), autres religions traditionnelles (5,5%), aucune religion (8%). La cohabitation entre ces religions se passe également dans un climat pacifique.


1.8 Caractéristiques économiques
L’agriculture est la principale activité qui occupe la population de la commune de Banikoara. Plus de 76 % de la population vit de l’agriculture représentant 75 % des activités du secteur primaire avec 6,6 % de femmes comme chefs de ménages agricoles. Les terres cultivables sont abondantes (2 148 km2) et représentent 48% de la superficie totale de la commune (SDAC 2019). Elles ont une fertilité acceptable et se prêtent à cette activité. Les principales spéculations sont : coton, le maïs, le sorgho, le mil, le riz, l’igname, le manioc, le soja, le niébé, l’arachide, le gombo, l’oignon, la tomate, le piment, la patate douce.

A l’agriculture, s’associe un élevage pastoral, très diversifié qui est complété par l’élevage non moins important d’ovins, de caprins et de volailles. La commune regorge également des ressources hydrauliques avec des retenues d’eau et de barrages, des baffons aménagés et non aménagés; toute chose qui facilite le développement des activités de pêche. La commune de Banikoara dispose de deux chaînes d’usine d’égrenage de coton qui représente un pilier du secteur industriel encore embryonnaire. Cette usine utilise une main d’œuvre importante et contribue à la mobilisation des ressources fiscales dans la commune.

La pêche, quant à elle, est très embryonnaire ; elle est pratiquée par les allochtones. Ce sont pour la plupart des nigériens, des maliens et des burkinabé. La pêche est pratiquée dans les cours d’eau de l’Alibori, du Mékrou et les retenues d’eau. Quant à la pisciculture ou l’aquaculture, elle se pratique par quelques groupes organisés avec l’appui des partenaires.

En ce qui concerne le secteur des services, il est en pleine expansion, grâce à l’artisanat, au commerce, à l’hôtellerie et au tourisme. En effet, l’artisanat constitue le troisième secteur important.

Composé de plusieurs corps de métiers tels que : la maçonnerie, la menuiserie, l’électricité, la plomberie, la coiffure, la soudure..., l’artisanat est organisé en plusieurs associations avec à leur tête, le Collectif des Artisans qui en constitue la structure faitière.

En outre, la situation géographique de la commune constitue un atout pour son développement. La proximité de Banikoara avec le Burkina-Faso, Malanville et les communes de l’Atacora, facilite les transactions commerciales.

La commune de Banikoara regorge de plus de 48 bars et restaurants et de sept (07) structures d’hébergements des visiteurs d’une capacité totale de 83 chambres réparties au centre urbain de la commune et à l’intérieur du parc w et du campement de chasse de Mékrou.

APIDA

PLATEFORME DE GESTION DES INFRASTRUCTURES SOCIO-COMMUNAUTAIRES, AGRO PASTORALES ET ECONOMIQUES DES SIX (06) COMMUNES DE L’ALIBORI

Copyright © 2024 A4EXPERTISE. All rights reserved.